Parce que les conversations vides sont la face du masque individuel.
Rencontre avec le fondateur Amauri Gabrian, Ceo de Budhiam, la startup qui réinvente la connexion humaine autour d’un café. Sans filtre.
Amauri Gabrian
Ceo Budhiam.com
Amauri Gabrian, Ceo Budhiam
Tu viens d'où avant Budhiam ? C'est quoi ton parcours ?
J’ai passé 20 ans dans l’hospitalité. L’aviation privée et commerciale, la gestion d’établissements hôteliers. Je parle 5 langues. J’ai voyagé partout, rencontré des milliers de gens.
Et paradoxalement, c’est dans ces environnements ultra-connectés que j’ai ressenti le plus de solitude. Des échanges polis, professionnels, mais rarement authentiques. Tu passes ta journée à servir des gens, à sourire, à créer du confort pour les autres. Mais toi, qui t’écoute ? À un moment, tu te demandes : c’est quand la dernière fois que quelqu’un m’a vraiment écouté ? Pas pour me vendre un truc, pas pour networker, juste pour m’écouter.
Amauri Gabrian, Ceo Budhiam
C'est ça le déclic pour Budhiam ?
Quel a été le déclic pour Budhiam ?
Oui et non. Le déclic c’est un constat plus large. On vit dans une époque où tout le monde parle, personne n’écoute. Les réseaux sociaux nous donnent l’illusion d’être connectés mais on n’a jamais été aussi seuls.
62% des Français se sentent isolés. C’est énorme. Un Français sur trois. Et les solutions qu’on nous propose c’est quoi ? Des apps de rencontre où tu swipes des visages pendant des heures, des thérapies à 80 euros la séance que tout le monde ne peut pas se permettre, des coachs en développement personnel qui te vendent du rêve. Moi je voulais un truc simple. Deux personnes, un café, une vraie conversation. Pas de swipe, pas de psy, pas de bullshit. Juste de l’humain.
Amauri Gabrian, Ceo Budhiam
T'as eu peur de te lancer ?
Peur, non. Des doutes, oui. Quand tu proposes un concept qui va à contre-courant de tout ce qui existe, les gens te regardent bizarrement. On est dans une société où tout doit être scalable, automatisé, digitalisé. Et moi j’arrive avec un truc qui repose sur des conversations en face à face dans des cafés. C’est presque anachronique.
Mais c’est justement pour ça que ça marche.
Parce que les gens en ont marre du tout digital. Ils veulent du vrai. Du tangible. Quelqu’un en face d’eux qui les regarde dans les yeux.
Amauri Gabrian, Ceo Budhiam
Concrètement, comment ça marche les Cafés Confidences ?
Concrètement, comment ça marche les Cafés Confidences ?
C’est éphémère, c’est sans ambiguïté, c’est sans attente de suite..
Et c’est justement cette légèreté qui libère la parole.
sur la base de 4h de disponibilité quotidienne
347/€ par semaine pour les écoutants
Comment devenir écoutant ?
Lors des Meetup organisés par Budhiam
Budhiam privilégie les contacts directs pour identifier les profils sérieux et engagés.
budhiam.com
Pas de thérapie
Budhiam café confidence
La première app qui offre des collations gratuitement
Pour les personnes ayant un rendez-vous dans nos Cafés partenaires exclusivement.
Amauri Gabrian, Ceo Budhiam
Pourquoi rémunérer les écoutants ?
Pourquoi rémunérer les écoutants ?
Parce que le temps, c’est précieux. Quand quelqu’un t’offre une heure de son attention, de sa présence, de son écoute, ça a de la valeur. On vit dans un monde où on rémunère des influenceurs pour poster une photo, mais on trouve bizarre de payer quelqu’un pour écouter ? C’est absurde. L’écoute, c’est un vrai travail. Pas au sens pénible du terme, mais au sens noble. Et puis ça permet aussi de créer un complément d’activité pour des gens qui ont du temps et de l’empathie à revendre. Des étudiants, des retraités, des freelances. Des gens normaux qui aiment les autres.
Amauri Gabrian, Ceo Budhiam
Tu as levé 2 millions d'euros. Ça change quoi ?
La startup a levé 2 millions d'euros. Ça change quoi ?
Mais fondamentalement, l’argent ne change pas la mission. On reste focalisés sur l’humain. L’argent c’est un outil, pas une fin.
C'est quoi le plus dur dans cette aventure ?
Trouver les bonnes personnes. Des collaborateurs vraiment sérieux, alignés avec la vision. On ne construit pas Budhiam comme une boîte classique avec des rapports patron-salarié. Ce modèle est biaisé dès le départ. Il y a une hiérarchie implicite, une distance, des non-dits. Nous on construit l’équipe autour de l’amitié. C’est plus difficile, ça prend plus de temps, tu te trompes parfois. Mais c’est ça qui rend les choses authentiquement magiques et franches. On a trouvé des pépites.
Des gens qui croient au projet, pas juste à un salaire. Des gens avec qui tu peux être vulnérable, dire quand ça va pas, célébrer quand ça va bien. C’est rare et précieux. Et c’est cohérent avec ce qu’on prône : des relations vraies.
Amauri Gabrian, Ceo Budhiam
Les Cafés Confidences, c'est une réponse à quoi exactement ?
Un moment de respiration dans un monde qui va trop vite.
Une parenthèse où tu peux enlever le masque social et juste être toi.
Amauri Gabrian, Ceo Budhiam
C'est pas un peu utopiste comme vision ?
C'est pas un peu utopiste comme vision ?
Peut-être. Et alors ? Toutes les grandes idées ont été qualifiées d’utopistes au début. On m’a dit que les gens n’iraient jamais parler à des inconnus dans des cafés. Que c’était bizarre. Que ça marcherait jamais. Et pourtant on est là. On a 19 cafés partenaires, une app qui tourne, une communauté qui grandit, des événements sold out. L’utopie d’aujourd’hui, c’est la réalité de demain. Je préfère être utopiste et construire quelque chose de beau que réaliste et accepter un monde où les gens se sentent seuls entourés de milliers de followers.
We think
Authenticity is the new luxury
Nous avons créer une communauté faite de personnes vraies et authentiques.
Une confidence à emporter
redonne le sourire. Simplement
Innovative approaches
Budhiam
Supporting your mental health
Un mot pour ceux qui se sentent seuls ?
Vous n’êtes pas seuls à vous sentir seuls. C’est con dit comme ça, mais c’est vrai. La solitude c’est pas une honte, c’est une épidémie silencieuse qui touche tout le monde. Le cadre sup qui performe, l’étudiant qui sort tous les soirs, la mère de famille débordée. Tout le monde peut se sentir seul. Et la solution c’est pas de scroller plus ou de matcher plus. C’est de se parler. Pour de vrai. Avec quelqu’un qui t’écoute vraiment. Alors venez prendre un café. Le premier est offert.
Propos recueillis par la rédaction de Cafés Confidence — Lyon
